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Message du Parti Solidarité Africaine pour la Démocratie et l’Indépendance (SADI) au Congrès du Parti de gauche 01/07/2018

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Depuis janvier 2013, notre pays, le Mali est occupé militairement, mis sous tutelle politique, encadré sur le plan institutionnel et même dans sa gestion administrative.
Le Mali a une classe politique et une société civile dans une très large mesure instrumentalisée, discréditée, qui assistent passivement au pillage organisé des immenses ressources naturelles, minières et énergétiques.
Le Mali est donc un Etat fantoche, aux mains d’élites parasitaires, appartenant aux classes bourgeoises (politico-bureaucratiques, caste militaire, compradors), de plus en plus dominées par des forces religieuses islamiques rétrogrades et obscurantistes. Ces élites parasitaires sont les appendices et les suppôts du système néolibéral international.
Le pire, c’est l’aggravation du chômage notamment chez les jeunes obligés d’émigrer vers d’autres cieux à la recherche d’un hypothétique eldorado, la dégradation continue des conditions de vie des populations à travers la hausse inexorable des prix des denrées de première nécessité, la spéculation organisée par certains opérateurs économiques alliés du pouvoir en place, la chute du pouvoir d’achat des maliens avec une forte poussée des revendications catégorielles (grèves en cascade dans tous les secteurs économiques et sociaux). Le système éducatif longtemps sacrifié par les coupes budgétaires du programme d’ajustement structurel du FMI et la Banque Mondiale n’augure aucun espoir. L’accès à la santé, à l’eau potable et à l’alimentation demeure un luxe pour la grande majorité de nos compatriotes.
La corruption est érigée en mode de gestion politique et économique. Le quinquennat du président sortant Ibrahim Boubacar Keita fut caractérisé par l’insécurité sur l’ensemble du Mali (plus de 2000 morts de 2013 à nos jours dont 717 morts pour 2017) et par des détournements de deniers publics s’élevant à plusieurs centaines de milliards de FCFA. Le dernier rapport du Vérificateur Général l’atteste amplement. Les cartels mafieux s’installent partout, transformant notre pays en une plaque tournante du trafic de la drogue, de l’or, des armes et une base arrière des mouvements terroristes. L’insécurité s’est plus déplacée du nord vers le centre du pays avec des affrontements inter et intra-communautaires savamment commandités (découvertes de charniers et exécutions extrajudiciaires en série, création et instrumentalisation de milices ethniques…)
La connexion de plus en plus ouverte entre certains agents de l’Etat avec la criminalité transfrontalière et la grande délinquance, l’institutionnalisation de l’impunité, la remise en cause des acquis du 26 mars 1991 (libertés individuelles et collectives, le droit de manifestation), la répression sauvage des luttes sociales, les tentatives de blocage de la sanction populaire à travers une impréparation de l’élection présidentielle du 29 juillet 2018, la confiscation du débat politique sur les grand enjeux du pays, l’ostracisme des medias d’Etat vis-à-vis des contrepouvoirs, les stratégies de manipulation et d’instrumentalisation de l’opinion publique nationale, l’achat des consciences, ont fini d’achever le processus de délitement et de décomposition avancée de l’Etat national sous le régime actuel dont l’immobilisme et l’inaction ouvrent grandement la voie à toutes les incertitudes.
La présence militaire étrangère, notamment celle de la France (qui a conclu un accord de défense avec le Mali), renforce encore davantage les risques de partition de notre pays. Car, la France veut engager et conduire un processus de déstabilisation pour occuper les places stratégiques, s’ouvrir des marchés pour le secteur militaro-industriel à travers la vente de matériels et d’équipements militaires, la formation des troupes, bref, faire main basse sur notre économie en s’arrogeant les marchés qui procurent une manne financière aux entreprises françaises, notamment Total, Bouygues, Bolloré, Orange, les Banques françaises et filiales marocaines, les entreprises de distribution de l’eau et de l’électricité. Elles ne paient que 1/3 des coûts d’opérations aux sous-traitants locaux.
Aussi, la France impose son contrôle sur la population malienne à travers l’identification et le suivi des déplacements, en particulier via la confection des passeports biométriques, activité que l’Etat malien a été sommé de retirer à une société canadienne au profit d’un fabricant français. Par ailleurs, la France exerce sa tutelle, son pilotage et l’encadrement de la conduite de la vie politique malienne surtout autour de questions fondamentales comme l’établissement des listes électorales, la confection des cartes NINA, des cartes électorales le dépouillement informatique des résultats des différents scrutins électoraux.
Voila le sombre tableau que présente notre pays à quelques semaines du scrutin présidentiel auquel le candidat du parti SADI le député OUMAR MARIKO représente l’espoir avec un projet de société axé sur la souveraineté du Mali, sur le pouvoir devant revenir aux travailleurs que sont les ouvriers, les paysans , les éleveurs, les petits commerçants, les artisans, les pécheurs…
Dans ces conditions, les enjeux essentiels comme l’occupation étrangère, la construction d’un nouvel Etat, la lutte contre la corruption seront mis de coté. Inéluctablement le pays va vers un affrontement post électoral entre l’Etat failli et les forces politiques et sociales qu’ils représentent d’une part et les forces progressistes d’une autre part.
Le Parti SADI, conscient des enjeux de la situation, lutte énergiquement, avec l’ensemble des forces progressistes, anticolonialistes, anti-impérialistes pour :
– L’instauration d’un dialogue national entre Maliens et la prise des décisions par les Maliens eux-mêmes en complète autonomie ;
– Le retrait de toutes les armées étrangères du Mali (MUNISMA / BARKHANE) et des autres pays du champ de la zone du Sahel ;
– L’arrêt des guerres de déstabilisation qui visent en réalité le contrôle des richesses du sous-sol (uranium, pétrole, gaz, or, eau douce, etc.) et la conquête de marchés juteux.
– L’arrêt du phénomène d’accaparement des terres agricoles de nos masses paysannes
– L’arrêt des exploitations minières et énergétiques qui causent un tort à notre environnement (exploitation de l’or et de l’uranium…)
– La quête d’une indépendance monétaire (problématique du franc CFA)
– La défense de nos migrants partout dans le monde pour le respect du droit d’asile et de droit d’aller et de venir (régularisation des sans papiers)
Les conditions pour y parvenir sont :
– Défendre, affirmer et promouvoir la souveraineté du peuple du Mali ;
– Organiser une conférence nationale souveraine pour refonder un nouvel Etat
– Construire et développer la solidarité internationale avec les forces démocratiques et pacifistes, notamment en France, en Europe, en Amérique Latine, et partout dans le monde pour le triomphe du camp de la paix au détriment du camp des fous du « Saint profit ».
– Enfin pour terminer, le Mali en gagnant la bataille de la souveraineté avec le parti SADI empruntera le même chemin que le parti de gauche pour remettre ensemble le système productif et l’économie au service du progrès humain et des besoins réels.

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