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Congo-Brazzaville : une élection sous contrôle

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L’indéboulonnable président de la République, Denis Sassou-Nguesso 82 ans d’âge et plus de 40 années cumulées au pouvoir, issu de l’ethnie minoritaire mbochi, a été proclamé vainqueur de l’élection présidentielle organisée le 15 mars 2026 (Denis Sassou Nguesso a pu se représenter et remporter les présidentielles de 2016 et 2021, après un changement de Constitution qui a fait sauter en 2015 la limite d’âge (70 ans) et porté à trois le nombre possible de mandats de cinq ans).

Le président est crédité de près de 95% des voix, avec une participation de plus de 84% (Il avait été réélu au premier tour en 2021 avec 88,40% des suffrages). Curieusement, il bat son propre score de l’élection précédente alors que sa grande crainte était l’abstention massive de la population. Mais ceci s’explique aisément.

Cette élection a été marquée par une coupure totale des communications le jour du vote. Internet et téléphone. La majorité des candidats, en dehors du président de la République, n’avaient pas de représentants dans les bureaux de vote. La participation a donc été impossible à chiffrer de manière indépendante.

Six candidats, peu connus ou sans réelle assise politique, se présentaient face à Denis Sassou Nguesso. Les principaux partis d’opposition ont annoncé boycotter le scrutin, n’estimant pas remplies les conditions d’une élection libre et transparente. Pas de Guy Brice Parfait Kolelas, mort en 2021. Rappelons aussi que deux figures de l’opposition à la présidentielle de 2016, le général Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa, sont encore aujourd’hui détenus après avoir été condamnés à 20 ans de prison pour « atteinte à la sécurité intérieure » en 2018 et 2019.

Cette élection s’est par ailleurs déroulée dans un climat de peur à Brazzaville dû à l’opération de la direction générale de la sécurité présidentielle (DGSP) contre les gangs – l’opération Zéro Kuluna – lancée en septembre 2025. Plusieurs organisations de la société civile dénoncent depuis plusieurs mois des exactions dans le cadre de cette opération.

Soulignant qu’il ne restera « pas une éternité au pouvoir », Denis Sassou Nguesso refuse toujours de se prononcer sur un éventuel successeur, la Constitution l’empêchant en principe de se représenter une nouvelle fois. Le spectre d’une succession dynastique est bien présent.

Le Congo-Brazzaville, riche en pétrole, possède environ dix millions d’hectares de terres arables, mais seulement 4% environ sont exploités, principalement en agriculture vivrière à faibles rendements, selon des données officielles. Plus de la moitié des Congolais vivent sous le seuil de pauvreté. La corruption et les détournements sont au cœur d’une mauvaise gouvernance caractérisée. L’espoir réside en une jeunesse qui, après avoir crié sassoufit !, se soulèvera à l’instar des Gen Z dans d’autres pays afin d’imposer la démocratie sociale et prendre le contrôle de son avenir.

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