ECO : la vigilance reste de mise

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déclaration du PIT SENEGAL

L’Accord d’Abidjan du 21 Décembre 2019 portant retrait de l’UEMOA de la Zone Franc : un Grand Pas de nos peuples vers la souveraineté monétaire
le 1er Juillet 2020 !

Le tollé général dans les médias, au Sénégal, en Afrique et en France, témoigne du degré de surprise de l’opinion ébranlée par la nouvelle.

Cette surprise est due essentiellement par
– l’absence de la question de la souveraineté monétaire de nos peuples dans l’espace UEMOA, dans les agendas politiques des grands Partis qui influencent le plus l’opinion les populations, particulièrement dans leurs programmes en période de campagne électorale,
– et le silence assourdissant des organisations patronales nationales sur la problématique, et qui revendiquent pourtant « la préférence nationale », alors que leurs entreprises sont directement impactées dans leurs activités de production, d’importation et d’exportation.

Comme la nature a horreur du vide, le terrain de la lutte pour le recouvrement de notre souveraineté monétaire fut alors occupé par des activistes universitaires et des organisations de la société civile, qui, par leurs critiques des méfaits des accords monétaires entre nos pays et la France, largement soutenus par les réseaux sociaux, sont parvenus à mettre cette revendication dans l’agenda de la politique africaine du Président Macron, qui fut obligé de répondre à la jeunesse africaine, sur la question, depuis l’Université de Ouaga, lors de sa visite au Burkina.

Cependant, notre Parti, le PIT/SENEGAL, dans ses « Thèses d’Orientation et de Programme » adoptées en en VIème Congrès de 2016, s’est démarqué de ces agitations qui étaient centrées sur le retrait individuel de nos pays du Fr CFA pour assumer leur souveraineté monétaire, sous prétexte que les accords qui les lient à la France, sont des accords individuels et non un accord collectif.

Cette approche de la lutte pour la souveraineté monétaire de nos peuples nous est apparue, comme une approche aventureuse qui ne tient pas en compte l’expérience de nos Etats qui avaient, pour le même objectif, décidé de sortir individuellement, pour du CFA bâtir leur propre monnaie.

Les peuples de Guinée, sous le Président Sécou Touré, et du Mali, sous le Président Modibo Keïta, du fait des représailles de la France, ont vécu une dure expérience de cette sortie individuelle, qui a contribué à ramollir, dans les autres pays, l’aspiration à la souveraineté monétaire.

Par contre, la réussite de la sortie de la Mauritanie de la zone Franc n’a été un succès que grâce à son adhésion à la « Communauté des Etats Arabes du Maghreb ».
En outre, cette approche était obsolète depuis la décision de nos Chefs d’Etat de créer une monnaie commune, l’ECO, en 2020, ouvrant ainsi une véritable perspective de sortir de la Zone Franc collectivement, sans gros risques de déstabilisation par la France.

Dans un tel contexte, cette approche de nos activistes résonnait comme une provocation visant à mettre nos Chefs d’Etat dans l’embarras, en les présentant comme des « valets de la France », incapables de rupture avec elle, et comme une stratégie de mettre en échec le projet d’intégration sous régionale portée par la CEDEAO, qui , après avoir adopté un « Tarif Extérieur Commun », s’est attelée à la création d’une monnaie commune pour renforcer la mise en œuvre de son projet d’intégration sous régionale.

Le Président Macron n’a pas hésité à exploiter cette approche provocatrice de nos activistes, pour dire haut et fort, que la sortie du CFA dépend de la volonté de chacun de nos Chefs d’Etat, les mettant davantage dans l’embarras face à leurs peuples.
Mais c’est raté ! Au lieu d’une sortie individuelle, Macron a récolté une sortie collective sans lui donner de prétexte de prendre des mesures de représailles à leur encontre.

C’est ainsi que nos Chefs d’Etat ont obtenu cet « Accord d’Abidjan du 21 Décembre 2019 », portant sur le retrait des 50% de nos réserves du Trésor Français qu’ils vont confier à notre propre Banque Centrale, la BCEAO, et le départ des représentants de la France , des organes de gouvernance de notre monnaie commune baptisée Eco, en prélude à sa création le 1er juillet 2020, comme en ont décidé les Chefs d’Etat de la CEDEAO, qui ont prévu à cet effet, la création d’une Banque Centrale Fédérale.
Tous les griefs de manque de souveraineté monétaire soulevés par le Nigéria et le Ghana envers les pays de l’UEMOA, ont été ainsi satisfaits pour baliser la voie à la monnaie commune CEDEAO.

Ainsi, les évènements se sont produits exactement tels que nos « Thèses de Programme et d’Orientation de 2016» l’avaient préconisés, et que je n’ai eu de cesse à défendre dans les réseaux sociaux, contre les activistes qui ont continué de plus bel, leurs agitations.

Aujourd’hui, pour sauver la face, ils s’accrochent sur le maintien de la « Garantie de la France » pour la reconduction de la parité fixe Euro -CFA, au profit de l’ECO, pour chercher à discréditer cette conquête historique de nos peuples dans leur aspiration à la souveraineté monétaire, dans la stabilité et la paix.

Ils présentent cette « Garantie », comme le symbole de la continuation de la confiscation de notre souveraineté monétaire, alors que tous les économistes avertis non politiciens dans le monde entier, savent, que cette garantie nous est indispensable, en attendant la mise en place de la Banque Centrale Fédérale de la CEDEAO, qui devra définir un panier de devises auquel l’ECO sera arrimé avec un taux de change flottant, comme retenu par nos Chefs d’Etat,

En effet, sans elle, nos économies allaient connaître dès ce 21 Décembre historique, une telle fuite de capitaux et un déclenchement de la spirale inflationniste, qui ruineraient tous nos espoirs de souveraineté monétaire, et d’intégration économique sous régionale !

La France pouvait la refuser à un pays de l’UEMOA pris individuellement, mais jamais à tous les 8 pays de l’UEMOA qui ont décidé ensemble de quitter la Zone Franc, compte tenu des risques pour ses propres entreprises, qu’un tel refus allait engendrer.

C’est pour cette raison que ces activistes qui exigent la fin immédiate de cette « Garantie » sous prétexte de défendre la souveraineté monétaire de nos peuples, jouent en fait la carte de l’échec de cette transition vers la création de la Banque Centrale Fédérale, faisant ainsi le jeu des autorités Françaises qui rêvent de cet échec, pour pouvoir transformer cette « Garantie » qui nous est provisoirement nécessaire dans cette transition, en moyen de chantage sur nos Etats, pour revenir au statut quo dans la Zone Franc.

C’est à ce jeu apatride qu’il faut mettre en échec, en se mobilisant le largement possible pour le maintien de cette « Garantie », aussi longtemps que nécessaire pour la mise en place de notre Banque Centrale Fédérale.
C’est pour cette raison, tous ceux qui cherchent à mettre en mal les pays de l’UEMOA avec le Nigéria et le Ghana, cherchent en fait, à faire capoter le processus de la création de la monnaie commune et sa Banque Fédérale sans laquelle, seront mises en cause irrémédiablement, les conquêtes actuelles de nos peuples en matière d’intégration sous régionale.

D’ailleurs certains économistes activistes n’hésitent même pas de soutenir que sans un « Etat Fédéral de la CEDEAO », et d’autres disent même, sans un « Etat Fédéral Africain », toute monnaie commune est vouée à l’échec, cherchant ainsi à justifier le retrait individuel par Etat, et leur thèses « d’Intégration politique d’abord avant toute intégration fiable au plan économique et monétaire ».

Cette tentative intellectualiste est en fait, un rejet aux calendes grecques, de la réalisation de l’aspiration à l’intégration sous régionale.

Face à cette contre- offensive, les véritables pan- africanistes, dans les partis politiques au pouvoir comme dans l’opposition, dans les organisations patronales et syndicales nationales, comme dans celles de la société civile, sont interpellés, pour faire que ce « gros pas » vers notre souveraineté monétaire au sein de la CEDEAO, ne soit pas bloqué dans son élan, par ces énergumènes mis « ko debout » par ce tournant historique !
Ibrahima SENE PIT/SENEGAL

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